L’exclusion numérique

Au fur et à mesure du développement des usages de l’Internet, le fossé s’est creusé entre ceux ayant accès aux services et une partie de la population « déconnectés » et de fait, sans accés aux savoirs associés à la Toile.

Qu’on la nomme fracture ou fossé numérique, une réelle nouvelle forme d’exclusion sociale et professionnelle est née. Elle touche particulièrement les non diplômés (27%), les séniors (26%), les personnes en situation de précarité (34%)… Cette « forte minorité » est de fait privée de nombreux services qui pourrait améliorer sa situation : tarifs préférentiels pratiques sur les sites, obtention de renseignements ou de documents administratifs…

De plus, sur un écran, hormis quelques images et icônes, l’usager tombe rapidement sur du texte et de la lecture. Or, d’après l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (anlci.fr) plus de la moitié  des personnes en situation d’illettrisme travaillent. Avec Internet et l’accès au Web, une nouvelle forme de lecture s’est développée. Lecture de scrutation, d’information plus qu’une lecture d’étude, soutenue et approfondie, cette lecture « numérique » nécessite néanmoins la maîtrise de la lecture « classique ». Dans les années 1990 est apparu le terme d’illectronisme, terme qui transpose la notion d’illettrisme au domaine des TIC.

Afin de lutter contre « l’isolement numérique », les principales initiatives se sont portées sur l’apprentissage de l’informatique (notamment à travers les clubs ou les points d’accès publics à internet) ainsi que la diffusion des ordinateurs (avec l’accès au réseau). Mais ces initiatives ne prennent en compte qu’un aspect partiel du problème.

En effet, si on regarde du côté de l’initiation à l’informatique, on doit se poser la question beaucoup plus large de la culture numérique, qui, si elle reste coupée de la culture générale, risque de n’être qu’un leurre. De même, prendre comme seul indicateur le taux d’équipement des ménages, revient à ne considérer qu’une dimension de l’internet, sa dimension technologique. Or, Internet n’est pas seulement un réseau, c’est aussi un média, regroupant un bouquet de services et sans doute d’autres usages encore à découvrir.

Quelles sont alors les bonnes pratiques de « l’e-inclusion » ? Partir du besoin initial de la personne, chercher quelles sont ses représentations, ses craintes, ses réticences vis à vis de l’outil numérique puis passer ensuite à la formation puis l’utilisation  concrète pour la personne permettra, à mon sens, de « combler le fossé numérique » à l’abri duquel les réfractaires aux nouveautés technologiques se retranchent !

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